- Un abandon de créance entre sociétés sœurs est-il déductible ?
- Un abandon entre sociétés sœurs (filiales d'un même groupe) est généralement qualifié de financier par l'administration. Sa déductibilité chez le créancier est donc limitée à la situation nette négative de la société bénéficiaire. Toutefois, si les sociétés entretiennent des relations commerciales effectives (l'une est cliente ou fournisseur de l'autre) et que l'abandon est motivé par la préservation de ces relations, la qualification commerciale peut être défendue avec une documentation solide.
- L'abandon de créance sur un compte courant d'associé est-il imposable ?
- Oui, l'abandon par un associé de sa créance en compte courant constitue un produit imposable pour la société bénéficiaire (à hauteur de la fraction déductible chez l'associé). Pour l'associé personne physique, l'abandon constitue une perte non déductible de son revenu imposable, sauf si la créance est devenue irrécouvrable dans le cadre d'une procédure collective (auquel cas une moins-value peut être constatée sous conditions).
- Comment documenter la motivation commerciale d'un abandon ?
- Pour sécuriser la qualification commerciale, il convient de constituer un dossier comportant : la description des relations commerciales entre les parties (contrats, factures, volumes d'affaires), la démonstration de l'intérêt commercial pour le créancier (perte de chiffre d'affaires en cas de défaillance du débiteur, coût de remplacement du partenaire), un comparatif entre l'abandon et les alternatives (procédure de recouvrement, provision pour créance douteuse), et une convention formalisée précisant les motifs de l'abandon.