Investissement immobilier à l'étranger : fiscalité française applicable

Investir dans l'immobilier à l'étranger séduit de nombreux Français. Mais la fiscalité reste complexe : double imposition, conventions fiscales, obligations déclaratives. Guide des règles applicables.

Par Équipe Finalib - Rédaction Finalib - Publié le 1 février 2026 - Mis à jour le 26 juillet 2026

Temps de lecture estimé : 13 minutes

investissement étranger fiscalité internationale convention fiscale revenus étrangers double imposition non-résident OCDE

Questions fréquentes

Dois-je déclarer mes revenus locatifs étrangers en France même s'ils sont déjà imposés à l'étranger ?
Oui, l'obligation déclarative est totale (art. 4A CGI). Les revenus sont reportés sur le formulaire 2047 puis 2042. Le crédit d'impôt ou l'exemption avec progressivité évite la double imposition effective, mais l'obligation déclarative subsiste. L'administration reçoit les informations via le CRS.
Puis-je déduire les charges du bien étranger comme en France ?
Pour les revenus imposés en France, les charges déductibles suivent les règles françaises. Si la convention attribue le droit exclusif au pays étranger (méthode taux effectif), les règles locales s'appliquent pour le calcul de l'impôt étranger.
Faut-il créer une SCI pour investir à l'étranger ?
La SCI n'est pas adaptée à tous les pays. L'Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis la traitent comme une société opaque. Dans ces pays, la détention directe ou via une société locale est souvent préférable. Une analyse pays par pays est indispensable.
Quels sont les risques de ne pas déclarer un bien immobilier étranger ?
Majoration 80 % (art. 1729 CGI), amende 1 500 €/compte (10 000 € si ETNC), prescription 10 ans. L'échange automatique CRS/FATCA avec 110+ États rend la détection quasi certaine.
Mon bien immobilier étranger est-il soumis à l'IFI français ?
Oui si vous êtes résident fiscal français et que le patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 €. La valeur est convertie au cours BCE du 1er janvier. Certaines conventions (Suisse, USA) attribuent le droit d'imposer à l'État de situation du bien.
Aller au contenu
Fiscalité
10 min1 février 2026

Investissement immobilier à l'étranger : fiscalité française applicable

Finalib

Équipe Finalib

Rédaction Finalib

Investissement immobilier à l'étranger : fiscalité française applicable

Contenu à visée informative, à jour à sa date de publication ; il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en investissement personnalisé. Consultez un expert vérifié pour votre situation.

Ce qu'il faut retenir

  • Dois-je déclarer mes revenus locatifs étrangers en France même s'ils sont déjà imposés à l'étranger ?
  • Puis-je déduire les charges du bien étranger comme en France ?
  • Faut-il créer une SCI pour investir à l'étranger ?
  • Quels sont les risques de ne pas déclarer un bien immobilier étranger ?

Investissement immobilier à l'étranger : fiscalité française applicable

Un résident fiscal français qui investit dans l'immobilier à l'étranger reste soumis à l'impôt français sur l'ensemble de ses revenus mondiaux (article 4A du CGI). Les revenus fonciers étrangers, les plus-values de cession et la valeur du bien entrent dans l'assiette de l'impôt français. Toutefois, les conventions fiscales bilatérales et le mécanisme du crédit d'impôt permettent d'éviter la double imposition dans la grande majorité des cas.

À retenir

ℹ️ La France a signé plus de 130 conventions fiscales bilatérales. La quasi-totalité des pays populaires pour l'investissement immobilier (Espagne, Portugal, Italie, Belgique, Allemagne, États-Unis, Maroc, Thaïlande...) font l'objet d'une convention, ce qui détermine les règles d'imposition applicables.

---

Imposition des revenus locatifs étrangers

Principe : imposition dans l'État de situation du bien

En présence d'une convention fiscale, les revenus immobiliers sont généralement imposés dans le pays de situation du bien (État de la source). La France élimine ensuite la double imposition par l'une de ces deux méthodes :

| Méthode | Mécanisme | Pays utilisant cette méthode |

|---|---|---|

| Crédit d'impôt égal à l'impôt français | Revenus inclus dans la base française + crédit = impôt FR calculé sur ces revenus | Espagne, Portugal, Italie, USA, Maroc |

| Exemption avec progressivité (taux effectif) | Revenus exclus de la base FR mais pris en compte pour calculer le taux applicable aux revenus français | Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg |

Exemple concret : revenus locatifs en Espagne

Situation : Résident fiscal français, TMI 30 %, revenus fonciers nets espagnols : 8 000 €

  • Impôt espagnol (IRNR non-résidents) : 24 % × 8 000 € = 1 920 €
  • Revenus inclus dans la base française : 8 000 €
  • Impôt français théorique sur ces 8 000 € (à 30 %) : 2 400 €
  • Crédit d'impôt accordé : 2 400 € (égal à l'impôt français)
  • Double imposition effective : nulle
  • Mais les 8 000 € majorent le taux effectif appliqué aux autres revenus français

À retenir

ℹ️ Prélèvements sociaux : En application de l'arrêt de Ruyter (CJUE 2015), les PS de 17,2 % ne s'appliquent pas aux revenus immobiliers étrangers si le contribuable est affilié à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'EEE ou de la Suisse. Seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % est alors dû.

En l'absence de convention fiscale

Les revenus locatifs étrangers sont imposés en France dans la catégorie des revenus fonciers (location nue) ou BIC (location meublée), exactement comme des revenus de source française. L'impôt payé à l'étranger est imputable sur l'impôt français dans la limite de ce dernier (art. 199 ter du CGI).

---

Plus-values immobilières sur biens étrangers

Attribution du droit d'imposer

Les conventions fiscales attribuent généralement le droit d'imposer les plus-values immobilières à l'État de situation du bien. La France accorde ensuite un crédit d'impôt pour éviter la double imposition.

Régime français applicable (en l'absence de convention ou en complément)

| Élément | Règle |

|---|---|

| Taux IR | 19 % (art. 150 U CGI) |

| Prélèvements sociaux | 7,5 % (affiliés EEE/Suisse) ou 17,2 % (autres cas) |

| Abattements pour durée de détention | Identiques aux biens français (22 ans IR, 30 ans PS) |

| Surtaxe PV élevées | Applicable (2 % à 6 % selon montant PV) |

| Exonération résidence principale | Impossible si résidence est à l'étranger et contribuable résident fiscal FR |

Exemple : cession d'un appartement en Italie après 15 ans de détention

Prix de cession : 300 000 € | Prix d'acquisition : 180 000 € | Plus-value brute : 120 000 €

| Abattements (15 ans) | IR | PS |

|---|---|---|

| Taux abattement | 60 % (15 ans × 6 %/an après 5 ans) | 33,5 % (15 ans × 1,65 %/an + 1,60 %) |

| PV imposable | 48 000 € | 79 800 € |

| Impôt/PS France | 9 120 € | 5 985 € |

| Crédit impôt italien | Jusqu'à 9 120 € | N/A |

| Coût fiscal total (estimation) | ~5 985 € (PS) | |

---

Une question sur vos impôts ?

Parlez gratuitement à un conseiller vérifié — réponse sous 48 h, sans engagement.

IFI et biens immobiliers étrangers

Les biens immobiliers détenus à l'étranger par un résident fiscal français entrent dans l'assiette de l'IFI (art. 964 du CGI). La valeur vénale doit être déclarée en euros au cours de change du 1er janvier de l'année d'imposition.

Règles spécifiques

| Point | Règle |

|---|---|

| Conversion en euros | Cours BCE au 1er janvier N |

| Dettes déductibles | Emprunts finançant le bien étranger, déductibles selon règles françaises |

| Plafond déductibilité dettes | Même règle qu'en France (art. 974 CGI) |

| Convention fiscale IFI | Certaines conventions (Suisse, USA) attribuent le droit d'imposer au pays de situation |

| Crédit d'impôt IFI | Accordé pour éviter double imposition si convention le prévoit |

Seuils IFI 2026 : imposition à partir de 1 300 000 € de patrimoine immobilier net (barème progressif de 0,5 % à 1,5 %, art. 977 CGI).

Conseil

💡 Abattement résidence principale : L'abattement de 30 % sur la résidence principale (art. 973 CGI) s'applique également si la résidence principale est située à l'étranger et que le contribuable est résident fiscal français.

---

Structures de détention : comparatif

Le choix de la structure de détention du bien étranger a des conséquences fiscales majeures :

| Structure | Avantages | Inconvénients |

|---|---|---|

| Détention directe | Simplicité, abattements PV, résidence principale possible | Imposition IR, transmission successorale complexe |

| SCI à l'IR | Transparence, gestion facilitée entre associés | Non reconnue par certains pays (Espagne, USA) → risque d'opacité forcée |

| SCI à l'IS | Amortissement du bien, taux IS 15-25 % | Double imposition dividendes, PV sans abattements |

| Société locale | Adaptée au droit local, crédible dans le pays | Gestion complexe, rapatriement des revenus |

| Holding française + filiale locale | Optimisation IS, régime mère-fille possible | Coût de structure élevé, substance requise |

Attention

⚠️ Attention SCI et pays étrangers : L'Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis traitent généralement la SCI française comme une société opaque (non transparente). La SCI y est donc imposée comme une société à l'IS local, avec des conséquences sur le calcul du crédit d'impôt en France. Une analyse pays par pays est indispensable avant de structurer.

---

Obligations déclaratives détaillées

Tableau récapitulatif des obligations

| Obligation | Formulaire | Délai | Pénalité en cas d'omission |

|---|---|---|---|

| Revenus fonciers/BIC étrangers | 2047 + report sur 2042 | Déclaration annuelle | Majoration 40-80 %, intérêts 2,4 %/an |

| Comptes bancaires étrangers | 3916 ou 3916-bis | Déclaration annuelle | 1 500 €/compte (10 000 € si ETNC) |

| Assurance-vie étrangère | 3916-bis | Déclaration annuelle | 1 500 €/contrat (10 000 € si ETNC) |

| Structures étrangères (trusts, fondations) | 2181-TRUST | Déclaration annuelle | Amendes spécifiques (art. 1649 AB CGI) |

| IFI (si patrimoine > 1,3 M€) | 2042-IFI | Déclaration annuelle | Majoration 10-40-80 % |

| PV immobilière étrangère | 2048-IMM ou 2048-M | Dans les 30 jours | Majorations + intérêts |

Prescription allongée en cas d'omission

Le délai de reprise de droit commun est de 3 ans (art. L. 169 LPF). Mais il est porté à 10 ans pour les avoirs non déclarés détenus dans un État n'ayant pas conclu avec la France une convention d'assistance administrative en matière fiscale (ETNC). L'échange automatique d'informations CRS entre 110+ juridictions rend la détection quasi certaine.

---

Pays attractifs et spécificités fiscales 2026

| Pays | Convention France | Fiscalité locale revenus locatifs | PV immobilières | Points d'attention |

|---|---|---|---|---|

| Espagne | Oui (crédit impôt) | IRNR 24 % (non-résidents UE : 19 %) | 19-26 % (progressif) | SCI non reconnue comme transparente |

| Portugal | Oui (crédit impôt) | IRS 28 % (option barème progressif) | 28 % (non-résidents) | Fin du régime RNH "classique" depuis 2024 |

| Italie | Oui (crédit impôt) | IRPEF 23-43 % ou flat tax 21 % locations courtes | 26 % si < 5 ans, exonération après | Taxe foncière (IMU) non déductible |

| Belgique | Oui (taux effectif) | Revenu cadastral indexé, pas de loyers réels | Pas de PV résidence principale | Droits de succession élevés |

| Allemagne | Oui (taux effectif) | Einkommensteuer 14-45 % | PV exonérée après 10 ans de détention | Rendements locatifs 3-5 % bruts |

| Maroc | Oui (crédit impôt) | IR 15-40 % (revenus locatifs) | TPI 20 % net ou 25 % brut | Rapatriement des fonds soumis à réglementation des changes |

| Thaïlande | Oui | Withholding tax 5 % puis barème | 0-35 % | Étrangers ne peuvent détenir terrain : bail emphytéotique |

---

Stratégies d'optimisation

1. Arbitrage entre méthodes d'élimination de la double imposition

La méthode "taux effectif" (exemption avec progressivité) est souvent plus avantageuse car les revenus étrangers n'entrent pas dans la base taxable française mais ne majorent le taux que marginalement. La méthode "crédit d'impôt" inclut les revenus dans la base FR avec un crédit, ce qui peut être pénalisant si le taux étranger est inférieur au taux français.

2. Timing des cessions

Dans les pays accordant une exonération après un certain délai de détention (Allemagne : 10 ans, Belgique : résidence principale), attendre cette échéance permet d'effacer totalement la PV locale, réduisant d'autant le crédit d'impôt à demander en France.

3. Financement par emprunt local

Un emprunt souscrit dans le pays de situation du bien permet de déduire les intérêts des revenus locatifs localement (selon les règles locales) ET potentiellement d'optimiser l'IFI en France (déduction de la dette).

---

Expertise professionnelle recommandée

L'investissement immobilier à l'étranger requiert une expertise en fiscalité internationale pointue :

---

FAQ — Fiscalité immobilier étranger 2026

1. Dois-je déclarer mes revenus locatifs étrangers en France même s'ils sont déjà imposés à l'étranger ?

Oui, l'obligation déclarative est totale pour tout résident fiscal français (art. 4A CGI). Les revenus sont reportés sur le formulaire 2047 puis sur la déclaration 2042. Le mécanisme du crédit d'impôt ou de l'exemption avec progressivité évite la double imposition effective mais l'obligation déclarative subsiste indépendamment. L'administration fiscale reçoit des informations automatiquement via le CRS.

2. Puis-je déduire les charges du bien étranger comme en France ?

Pour les revenus soumis à imposition en France (absence de convention ou méthode crédit d'impôt), les charges déductibles suivent les règles françaises (intérêts d'emprunt, travaux d'entretien, assurance, gestion). Si la convention attribue le droit exclusif d'imposition au pays étranger (méthode taux effectif), les règles de déduction locales s'appliquent pour le calcul de l'impôt étranger.

3. Faut-il créer une SCI pour investir à l'étranger ?

La SCI française n'est pas adaptée à tous les pays. L'Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis la traitent comme une société opaque (imposée localement à l'IS). Dans ces pays, la détention directe ou via une société locale est souvent préférable. Une analyse pays par pays est indispensable avant de structurer.

4. Quels sont les risques de ne pas déclarer un bien immobilier étranger ?

Les risques sont majeurs : majoration de 80 % pour manquement délibéré (art. 1729 CGI), amende de 1 500 € par compte bancaire non déclaré (10 000 € si ETNC), prescription portée à 10 ans. L'échange automatique CRS/FATCA rend la détection quasi certaine — plus de 110 États échangent des informations financières avec la France.

5. Mon bien immobilier étranger est-il soumis à l'IFI français ?

Oui, si vous êtes résident fiscal français et que votre patrimoine immobilier net (France + étranger) dépasse 1 300 000 €. La valeur du bien étranger est convertie en euros au cours du 1er janvier. Certaines conventions fiscales (notamment avec la Suisse et les États-Unis) attribuent le droit d'imposer le patrimoine à l'État de situation du bien, avec crédit d'impôt en France pour éliminer la double imposition.

Articles connexes recommandés

Pour approfondir, lisez aussi :

Aller plus loin : testez votre projet d'investissement immobilier — rendement, cash-flow, fiscalité.

Ce qu'il faut retenir

  • Dois-je déclarer mes revenus locatifs étrangers en France même s'ils sont déjà imposés à l'étranger ?
  • Puis-je déduire les charges du bien étranger comme en France ?
  • Faut-il créer une SCI pour investir à l'étranger ?
  • Quels sont les risques de ne pas déclarer un bien immobilier étranger ?

Questions fréquentes

Finalib

Rédaction Finalib

L'équipe de rédaction Finalib s'appuie sur des experts certifiés pour vous fournir des conseils fiables et à jour en matière financière, juridique et patrimoniale.

Une question sur vos impôts ?

Décrivez votre situation : un conseiller vérifié vous rappelle gratuitement sous 48 h pour vous orienter. Sans engagement.

100 % gratuit Réponse sous 48 h Sans engagement

Vos données ne servent qu'à vous mettre en relation. Aucune revente, aucun spam.

Articles liés - Fiscalité

Explorez d'autres thèmes

Ressources et liens cités dans l'article

Simulateurs financiers gratuits liés à ce sujet

Voir tous les 60 simulateurs financiers gratuits 2026

Vous souhaitez approfondir ce sujet avec un expert ? Trouvez un avocat fiscaliste vérifié sur Finalib et prenez rendez-vous gratuitement.

Trouver un expert patrimonial adapté à votre situation.

Voir tous les experts vérifiés disponibles sur Finalib.

Consultez nos avocats fiscalistes dans les principales villes de France

Nos avocats fiscalistes vérifiés exercent dans toutes les grandes villes françaises. Trouvez un expert près de chez vous et prenez rendez-vous gratuitement :