Ce qu'il faut retenir
- Que faut-il savoir sur : L'indivision : une situation souvent subie ?
- Que faut-il savoir sur : Solution 1 : Le partage amiable ?
- Que faut-il savoir sur : Solution 2 : La vente du bien ?
- Que faut-il savoir sur : Solution 3 : Le rachat de parts (cession) ?
L'indivision : une situation souvent subie
L'indivision naît généralement après un héritage : plusieurs héritiers détiennent ensemble un bien sans que leurs parts soient individualisées. "Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision" (art. 815 du Code civil). Mais en sortir n'est pas toujours simple.
Solution 1 : Le partage amiable
Les indivisaires se mettent d'accord sur la répartition des biens. Un notaire rédige l'acte de partage. Droit de partage : 1,10 % de l'actif net partagé. C'est la solution la plus simple et la moins coûteuse. Mais elle nécessite l'unanimité.
Solution 2 : La vente du bien
Si personne ne veut ou ne peut racheter les parts des autres, le bien est vendu et le prix est réparti. La vente peut être amiable (unanimité) ou judiciaire (licitation, si au moins un indivisaire la demande). La licitation est longue (12-24 mois) et coûteuse (frais de justice + frais de vente).
Solution 3 : Le rachat de parts (cession)
Un indivisaire rachète les parts des autres. Le prix est fixé d'un commun accord ou par un expert judiciaire. Les autres indivisaires ont un droit de préemption si l'un d'eux veut vendre à un tiers. Frais : droit de partage de 1,10 %.
Solution 4 : L'attribution préférentielle
Un héritier peut demander au juge l'attribution du bien (par exemple le logement familial ou l'entreprise) à charge de compenser les autres par une soulte. Conditions : le demandeur doit démontrer un lien particulier avec le bien (habitation, exploitation).
Convention d'indivision : organiser l'attente
Si les indivisaires ne veulent pas sortir immédiatement, une convention d'indivision (notariée, 5 ans renouvelables) organise la gestion du bien : qui paie quoi, qui gère, les règles de vote pour les décisions.
Les règles de gestion de l'indivision
En l'absence de convention, la gestion de l'indivision suit des règles strictes définies par le Code civil :
Actes conservatoires (un seul indivisaire peut agir) : réparations urgentes, paiement des charges courantes, renouvellement d'un bail. Tout indivisaire peut les accomplir seul, même sans accord des autres.
Actes d'administration (majorité des 2/3 des droits indivis) : travaux d'entretien, mise en location, choix du locataire, résiliation d'un bail. La majorité des 2/3 suffit (pas l'unanimité).
Actes de disposition (unanimité) : vente du bien, donation, constitution d'une hypothèque. L'unanimité est requise. C'est souvent là que les conflits naissent — un seul indivisaire peut bloquer la vente.
Exemple concret : succession avec trois héritiers
Pierre, Marie et Jean héritent d'un appartement parisien estimé à 450 000 €. Pierre veut vendre, Marie veut garder (elle y habite), Jean est indifférent.
Option A — Marie rachète : Marie rachète les parts de Pierre et Jean (2/3 × 450 000 € = 300 000 €). Elle paie le droit de partage de 1,10 % (3 300 €) + émoluments du notaire (~4 000 €). Total des frais : environ 7 300 €. Marie doit trouver le financement (prêt bancaire ou fonds propres).
Option B — Vente amiable : les trois héritiers vendent l'appartement. Prix de vente : 450 000 €. Chacun reçoit 150 000 € (moins les frais). Droit de partage : 4 950 €. Frais de vente : environ 15 000 € (agent immobilier).
Option C — Licitation judiciaire : Pierre saisit le tribunal pour forcer la vente. Délai : 12 à 24 mois. Le bien est vendu aux enchères (souvent 10-20 % en dessous du prix de marché). Frais de justice : 3 000 à 8 000 €. C'est la solution la plus coûteuse et la plus longue.
L'indivision et la fiscalité
Revenus de l'indivision : si le bien est loué, chaque indivisaire déclare sa quote-part de revenus fonciers proportionnellement à ses droits. Un indivisaire à 1/3 déclare 1/3 des loyers.
Plus-value à la sortie : en cas de vente, chaque indivisaire est imposé sur sa quote-part de plus-value. L'abattement pour durée de détention se calcule à partir de la date du décès (pas de la date d'acquisition par le défunt).
Droit de partage : 1,10 % de l'actif net partagé. Ce droit est dû quel que soit le mode de sortie (partage amiable, rachat de parts, licitation). Il a été réduit de 2,50 % à 1,10 % en 2022.
Quand consulter un avocat ?
L'intervention d'un avocat spécialisé en droit des successions est recommandée dans ces situations :
- Un indivisaire refuse tout dialogue ou bloque toute décision
- Le bien est occupé gratuitement par un indivisaire (indemnité d'occupation à réclamer)
- Un indivisaire a réalisé des travaux sur le bien sans accord des autres
- La valeur du bien est contestée par un ou plusieurs indivisaires
- L'indivision dure depuis plus de 5 ans sans perspective de sortie
L'avocat peut négocier un accord amiable ou engager une procédure de licitation. Honoraires : 2 000 à 5 000 € pour une négociation amiable, 5 000 à 15 000 € pour une procédure judiciaire.
Questions fréquentes
Peut-on forcer la vente d'un bien en indivision ?
Oui, tout indivisaire peut demander la licitation (vente aux enchères judiciaire). Le tribunal ne peut pas la refuser, sauf si elle porte atteinte excessive aux intérêts des autres indivisaires.
Combien coûte une sortie d'indivision ?
Partage amiable : 1,10 % de droit de partage + émoluments notaire (~1-2 %). Licitation judiciaire : frais de justice (1 000-5 000 €) + frais de vente + droit de partage.
Un indivisaire qui occupe le bien doit-il payer une indemnité ?
Oui, un indivisaire qui occupe seul un bien indivis doit verser une indemnité d'occupation aux autres indivisaires (art. 815-9 du Code civil). Le montant correspond à la valeur locative du bien, proportionnellement aux droits des autres. En pratique, cette indemnité est souvent réclamée lors du partage.
Peut-on transformer l'indivision en SCI ?
Oui, les indivisaires peuvent apporter le bien à une SCI (Société Civile Immobilière). Chacun reçoit des parts proportionnelles à ses droits. Avantage : la gestion est facilitée (décisions à la majorité des associés) et la transmission est plus souple (donation de parts). Inconvénient : frais de création de la SCI et formalités administratives.
Ce qu'il faut retenir
- Que faut-il savoir sur : L'indivision : une situation souvent subie ?
- Que faut-il savoir sur : Solution 1 : Le partage amiable ?
- Que faut-il savoir sur : Solution 2 : La vente du bien ?
- Que faut-il savoir sur : Solution 3 : Le rachat de parts (cession) ?
Questions fréquentes
Claire Fontaine
Notaire, spécialiste droit patrimonial et successions
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