Apport-Cession Durci en 2026 : Nouvelles Règles de l'Article 150-0 B Ter

La loi de finances 2026 durcit le régime de l'apport-cession : délai de réinvestissement allongé à 3 ans, part minimale de réinvestissement portée à 70 %, et exclusion de certaines activités.

Par Équipe Finalib - Rédaction Finalib - Publié le 20 mars 2026 - Mis à jour le 13 juillet 2026

Temps de lecture estimé : 8 minutes

fiscalité impôts optimisation

Questions fréquentes

Le report d'imposition peut-il devenir définitif ?
Oui, le report d'imposition devient définitif en cas de donation des titres de la holding, à condition que le donataire conserve les titres pendant au moins 5 ans (portés à 10 ans dans certains cas). La plus-value en report est alors purgée définitivement.
Que se passe-t-il si la condition de réinvestissement n'est pas respectée ?
Si la holding ne réinvestit pas 70 % du produit de cession dans le délai de 3 ans, le report d'imposition est remis en cause. La plus-value devient immédiatement imposable, avec application des intérêts de retard (0,2 % par mois).
Les nouvelles règles s'appliquent-elles aux apports déjà réalisés ?
Non, les opérations d'apport réalisées avant l'entrée en vigueur de la LF 2026 restent soumises aux anciennes conditions : 60 % de réinvestissement et 2 ans de délai.
Aller au contenu
Fiscalité
9 min20 mars 2026

Apport-Cession Durci en 2026 : Nouvelles Règles de l'Article 150-0 B Ter

Finalib

Équipe Finalib

Rédaction Finalib

Apport-Cession Durci en 2026 : Nouvelles Règles de l'Article 150-0 B Ter

Contenu à visée informative, à jour à sa date de publication ; il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en investissement personnalisé. Consultez un expert vérifié pour votre situation.

Ce qu'il faut retenir

  • Le report d'imposition peut-il devenir définitif ?
  • Que se passe-t-il si la condition de réinvestissement n'est pas respectée ?
  • Les nouvelles règles s'appliquent-elles aux apports déjà réalisés ?

Le mécanisme de l'apport-cession, codifié à l'article 150-0 B ter du CGI, est l'un des outils d'optimisation fiscale les plus utilisés par les dirigeants qui cèdent leur entreprise. Il permet de reporter l'imposition de la plus-value en apportant ses titres à une holding contrôlée avant la cession. La loi de finances pour 2026 vient significativement resserrer ce dispositif, réduisant les marges de manœuvre des contribuables et imposant de nouvelles contraintes de réinvestissement.

Rappel du mécanisme de l'apport-cession

Le schéma classique se déroule en trois temps. Le dirigeant apporte les titres de sa société opérationnelle à une holding qu'il contrôle : cet apport bénéficie d'un sursis d'imposition (la plus-value est calculée mais pas immédiatement taxée). La holding cède ensuite les titres à l'acquéreur final et encaisse le prix de vente. Si la cession intervient dans les 3 ans suivant l'apport, la holding doit réinvestir au moins 60 % (désormais 70 %) du produit dans une activité économique pour maintenir le report d'imposition.

Les trois durcissements majeurs de la LF 2026

1. Délai de réinvestissement : de 2 à 3 ans

Le délai pendant lequel le réinvestissement est obligatoire après la cession par la holding passe de 2 à 3 ans. Concrètement, si la holding cède les titres dans les 3 ans suivant l'apport, elle dispose de 3 ans (et non plus 2) pour réinvestir le produit. Ce délai allongé est paradoxalement plus contraignant : il signifie que l'obligation de réinvestissement pèse plus longtemps sur la holding et que l'administration dispose d'un délai de contrôle plus étendu.

2. Part minimale de réinvestissement : de 60 % à 70 %

La part du produit de cession qui doit être réinvestie dans une activité économique éligible passe de 60 % à 70 %. Pour une cession de 5 millions d'euros, cela signifie que 3,5 millions (au lieu de 3 millions) doivent être réinvestis dans des opérations éligibles. La marge de manœuvre pour placer le solde en gestion patrimoniale se réduit de 2 millions à 1,5 million d'euros.

3. Exclusion des activités de gestion patrimoniale

C'est le changement le plus impactant. Certaines activités de gestion de patrimoine sont désormais exclues des activités éligibles au réinvestissement. Les investissements dans des SCPI, des OPCI ou des sociétés dont l'activité principale est la gestion de patrimoine mobilier ou immobilier ne permettent plus de satisfaire la condition de réinvestissement. L'objectif du législateur est de recentrer le dispositif sur l'investissement économique productif et non sur la simple gestion de patrimoine financier.

À retenir

Les opérations d'apport-cession réalisées avant la LF 2026 restent soumises aux anciennes règles (60 % de réinvestissement, 2 ans). Les nouvelles règles s'appliquent uniquement aux apports réalisés à compter de l'entrée en vigueur de la loi.

Quels réinvestissements restent éligibles ?

  • La souscription au capital de sociétés opérationnelles (création ou augmentation de capital)
  • Le financement de moyens d'exploitation (immobilisations corporelles ou incorporelles)
  • L'acquisition de titres de sociétés opérationnelles donnant le contrôle
  • Les investissements dans des fonds de capital-investissement (FPCI, FCPI, FIP) sous certaines conditions
  • Le financement direct d'entreprises via des obligations convertibles ou des avances en compte courant d'associé dans des sociétés opérationnelles

Une question sur vos impôts ?

Parlez gratuitement à un conseiller vérifié — réponse sous 48 h, sans engagement.

Stratégies d'adaptation pour les cédants d'entreprise

Face au durcissement, plusieurs stratégies restent viables. Anticiper l'apport bien avant la cession (au-delà de 3 ans) permet de s'affranchir totalement de la condition de réinvestissement. Structurer le réinvestissement via un FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) éligible reste une option pour diversifier tout en respectant la condition. Enfin, la souscription au capital de sociétés opérationnelles contrôlées par le cédant (reconversion entrepreneuriale) est pleinement éligible.

Si vous envisagez de céder votre entreprise dans les 12 à 24 prochains mois, il peut être stratégique de réaliser l'apport de vos titres à votre holding dès maintenant. Le décompte des 3 ans commence à la date de l'apport, pas à la date de la cession.

Simulation chiffrée : impact du durcissement 2026

Hypothèse : cession de titres à 4 000 000 €, plus-value latente de 3 500 000 €

| Scénario | Avant LF 2026 | Après LF 2026 |

|---|---|---|

| Réinvestissement minimum | 2 400 000 € (60 %) | 2 800 000 € (70 %) |

| Liberté de placement | 1 600 000 € | 1 200 000 € |

| Délai de réinvestissement | 2 ans | 3 ans |

| SCPI / OPCI éligibles | Oui | Non |

| Report d'imposition maintenu | Si conditions respectées | Si conditions respectées |

Coût fiscal en cas de remise en cause du report (taux PFU 30 %) :

  • Plus-value latente imposable : 3 500 000 €
  • IR (12,8 %) : 448 000 €
  • PS (17,2 %) : 602 000 €
  • Total exit tax : 1 050 000 €

Ce montant illustre l'enjeu considérable du respect des conditions de réinvestissement.

Le calendrier d'une opération d'apport-cession optimisée

Pour tirer le meilleur parti du dispositif malgré le durcissement, voici le calendrier recommandé :

12 à 24 mois avant la cession envisagée

  • Création ou activation de la holding de rachat
  • Apport des titres à la holding (déclenche le sursis d'imposition)
  • Début du décompte des 3 ans

Au moment de la cession

  • La holding vend les titres à l'acquéreur
  • Encaissement du prix par la holding (sans imposition immédiate si apport < 3 ans)
  • Identification des véhicules de réinvestissement éligibles

Dans les 3 ans suivant la cession

  • Réinvestissement d'au moins 70 % dans des actifs éligibles
  • Documentation rigoureuse de chaque investissement
  • Suivi par un avocat fiscaliste

Si l'apport date de plus de 3 ans au moment de la cession

  • Aucune obligation de réinvestissement
  • Plus-value en report maintenue indéfiniment (jusqu'à cession des titres de la holding)

La combinaison apport-cession + Pacte Dutreil

Pour les dirigeants souhaitant transmettre leur patrimoine, la combinaison apport-cession et Pacte Dutreil peut être particulièrement efficace :

  • Apport des titres à la holding → sursis d'imposition
  • Donation des titres de la holding à titre gratuit avec Pacte Dutreil → exonération de 75 % des droits de mutation
  • Si le donataire conserve les titres 10 ans → purge définitive de la plus-value en report

Ce montage complexe nécessite une structuration préalable de plusieurs années et l'intervention d'un avocat fiscaliste spécialisé en transmission d'entreprise. Découvrez nos services d'optimisation fiscale pour être mis en relation avec le bon expert.

Pourquoi un avocat fiscaliste est indispensable

Le durcissement du 150-0 B ter rend l'accompagnement par un avocat fiscaliste plus nécessaire que jamais. La structuration de l'opération, le choix des véhicules de réinvestissement, le calendrier de l'apport et de la cession, et la documentation à produire pour l'administration sont autant de points critiques qui nécessitent une expertise pointue.

FAQ

Le report d'imposition peut-il devenir définitif ?

Oui, le report d'imposition devient définitif en cas de donation des titres de la holding, à condition que le donataire conserve les titres pendant au moins 5 ans (portés à 10 ans dans certains cas). La plus-value en report est alors purgée définitivement. C'est pourquoi l'apport-cession est souvent combiné avec une stratégie de transmission familiale.

Que se passe-t-il si la condition de réinvestissement n'est pas respectée ?

Si la holding ne réinvestit pas 70 % du produit de cession dans le délai de 3 ans, le report d'imposition est remis en cause. La plus-value devient immédiatement imposable, avec application des intérêts de retard (0,2 % par mois). L'impôt est calculé au taux en vigueur l'année de l'apport initial, pas l'année de la remise en cause.

Les nouvelles règles s'appliquent-elles aux apports déjà réalisés ?

Non, les opérations d'apport réalisées avant l'entrée en vigueur de la LF 2026 restent soumises aux anciennes conditions : 60 % de réinvestissement et 2 ans de délai. Le principe de non-rétroactivité protège les schémas déjà en place. Seuls les apports réalisés à compter de la date d'application de la loi sont soumis aux nouvelles règles.

Peut-on réinvestir dans une société que l'on contrôle ?

Oui, sous conditions. La souscription au capital d'une société dans laquelle le cédant exerce une activité professionnelle (gérant, dirigeant) est éligible si cette société a une activité opérationnelle. La condition est que l'activité soit réelle et non fictive.

Articles connexes recommandés

Pour approfondir, lisez aussi :

Sources et références officielles

Ce qu'il faut retenir

  • Le report d'imposition peut-il devenir définitif ?
  • Que se passe-t-il si la condition de réinvestissement n'est pas respectée ?
  • Les nouvelles règles s'appliquent-elles aux apports déjà réalisés ?

Questions fréquentes

Finalib

Rédaction Finalib

L'équipe de rédaction Finalib s'appuie sur des experts certifiés pour vous fournir des conseils fiables et à jour en matière financière, juridique et patrimoniale.

Une question sur vos impôts ?

Décrivez votre situation : un conseiller vérifié vous rappelle gratuitement sous 48 h pour vous orienter. Sans engagement.

100 % gratuit Réponse sous 48 h Sans engagement

Vos données ne servent qu'à vous mettre en relation. Aucune revente, aucun spam.

Articles liés - Fiscalité

Explorez d'autres thèmes

Ressources et liens cités dans l'article

Simulateurs financiers gratuits liés à ce sujet

Voir tous les 60 simulateurs financiers gratuits 2026

Vous souhaitez approfondir ce sujet avec un expert ? Trouvez un avocat fiscaliste vérifié sur Finalib et prenez rendez-vous gratuitement.

Trouver un expert patrimonial adapté à votre situation.

Voir tous les experts vérifiés disponibles sur Finalib.

Consultez nos avocats fiscalistes dans les principales villes de France

Nos avocats fiscalistes vérifiés exercent dans toutes les grandes villes françaises. Trouvez un expert près de chez vous et prenez rendez-vous gratuitement :