Restructuration d'entreprise : les aspects comptables essentiels

Les restructurations d'entreprise (fusion, scission, apport partiel) impliquent des traitements comptables spécifiques. Méthodes d'évaluation et impacts analysés.

Par Équipe Finalib - Rédaction Finalib - Publié le 14 mars 2026 - Mis à jour le 13 juillet 2026

Temps de lecture estimé : 9 minutes

restructuration fusion scission apport partiel comptabilité valeurs d'apport

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le régime de faveur fiscal des fusions ?
Le régime de faveur (articles 210 A CGI) permet de reporter l'imposition des plus-values d'apport réalisées lors d'une fusion. La société bénéficiaire reprend les engagements fiscaux de l'apporteuse. Sans ce régime, les plus-values seraient immédiatement imposées à l'IS.
Faut-il obligatoirement un commissaire à la fusion ?
Oui en principe, sauf dispense par accord unanime des associés ou dans le cas d'une fusion simplifiée (détention à 100 %). Il vérifie que le rapport d'échange est équitable.
Les déficits de la société absorbée sont-ils transférables ?
Oui, sous conditions. Un agrément fiscal est nécessaire (article 209 II CGI). Il est accordé si l'opération est justifiée par un motif économique et que l'activité déficitaire est poursuivie. Pour des déficits inférieurs à 200 000 €, un régime simplifié s'applique.
Quelle est la différence entre une fusion et une TUP ?
La TUP s'applique quand la société mère détient 100 % de la filiale. Aucune rémunération en titres n'est nécessaire, la procédure est plus rapide et moins coûteuse (pas de commissaire à la fusion requis dans la plupart des cas).
Aller au contenu
Entreprise & Création
11 min14 mars 2026

Restructuration d'entreprise : les aspects comptables essentiels

Finalib

Équipe Finalib

Rédaction Finalib

Restructuration d'entreprise : les aspects comptables essentiels

Contenu à visée informative, à jour à sa date de publication ; il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en investissement personnalisé. Consultez un expert vérifié pour votre situation.

Ce qu'il faut retenir

  • Qu'est-ce que le régime de faveur fiscal des fusions ?
  • Faut-il obligatoirement un commissaire à la fusion ?
  • Les déficits de la société absorbée sont-ils transférables ?
  • Quelle est la différence entre une fusion et une TUP ?

Restructuration d'entreprise : maîtriser les aspects comptables

Les opérations de restructuration (fusion, scission, apport partiel d'actif, TUP) modifient profondément la structure juridique et financière des entreprises concernées. Leur traitement comptable obéit à des règles précises qui déterminent les valeurs d'apport, les impacts sur les capitaux propres et les conséquences fiscales. Ce guide décrypte les principaux aspects comptables de ces opérations.

Les différents types de restructuration

La fusion est l'opération par laquelle une ou plusieurs sociétés transmettent leur patrimoine à une société existante (fusion-absorption) ou à une société nouvelle (fusion par création). La scission consiste pour une société à transmettre son patrimoine à deux ou plusieurs sociétés existantes ou nouvelles. L'apport partiel d'actif est la transmission par une société d'une branche complète d'activité à une autre société.

La transmission universelle de patrimoine (TUP), prévue à l'article 1844-5 du Code civil, permet à une société mère détenant 100 % d'une filiale de dissoudre cette dernière et de recueillir l'intégralité de son patrimoine sans liquidation. Chaque opération a des implications comptables spécifiques que maîtrise un expert-comptable qualifié.

Détermination des valeurs d'apport

Le règlement ANC 2019-06 (remplaçant le règlement CRC 2004-01) fixe les règles de détermination des valeurs d'apport lors des fusions et opérations assimilées. Deux méthodes coexistent : les valeurs comptables et les valeurs réelles. Le choix dépend du sens de l'opération et des liens entre les sociétés participantes.

Les apports sont évalués à la valeur comptable lorsque l'opération est réalisée entre entités sous contrôle commun (même groupe) et dans le sens normal de la restructuration (la société contrôlante absorbe la contrôlée). Dans les autres cas, les apports sont évalués à la valeur réelle, ce qui peut faire apparaître un écart d'évaluation (boni ou mali de fusion) et éventuellement un goodwill.

Traitement du boni et du mali de fusion

Le boni de fusion représente le profit réalisé par la société absorbante lorsque la valeur des actifs nets reçus excède la valeur comptable des titres de la société absorbée qu'elle détenait. Le mali de fusion correspond à la situation inverse. Le traitement comptable du mali distingue le « vrai mali » (perte économique) du « mali technique » (écart d'évaluation).

Le mali technique, assimilable à un complément de prix d'acquisition, est inscrit à l'actif du bilan de l'absorbante et affecté aux actifs sous-évalués de l'absorbée. Il est suivi et déprécié selon les mêmes règles que le goodwill. Le vrai mali est comptabilisé en charges de l'exercice de la fusion.

Impacts sur les capitaux propres

Les opérations de restructuration modifient la composition des capitaux propres de la société bénéficiaire. L'augmentation de capital réalisée en rémunération des apports (sauf en cas de TUP ou de fusion simplifiée) génère une prime de fusion correspondant à la différence entre la valeur des apports et la valeur nominale des actions émises.

La prime de fusion est inscrite dans un compte spécifique de capitaux propres. Elle peut être utilisée pour amortir le mali de fusion, compenser la perte rétroactive de la société absorbée ou être distribuée aux actionnaires sous certaines conditions. La gestion de ces primes nécessite un suivi comptable rigoureux.

Régime fiscal des restructurations

Sur le plan fiscal, les fusions et opérations assimilées bénéficient en principe du régime de faveur prévu aux articles 210 A et suivants du CGI. Ce régime permet de reporter l'imposition des plus-values d'apport et de neutraliser les conséquences fiscales de l'opération. En contrepartie, la société bénéficiaire s'engage à reprendre les engagements fiscaux de la société apporteuse.

Le régime de faveur est soumis à des conditions de forme (mentions dans le traité de fusion) et de fond (absence de motivation exclusivement fiscale). Le non-respect de ces conditions entraîne l'application du régime de droit commun, avec imposition immédiate des plus-values. Pour sécuriser ces opérations, l'accompagnement d'un fiscaliste est indispensable en complément de l'expert-comptable.

Aspects pratiques et calendrier

La réussite d'une restructuration repose sur une préparation minutieuse. Le calendrier type comprend : l'évaluation des sociétés participantes, la rédaction du projet de fusion (déposé au greffe un mois avant l'assemblée), l'établissement des comptes intermédiaires à la date de référence, la désignation éventuelle d'un commissaire à la fusion, l'approbation par les assemblées générales et les formalités de publicité.

Les aspects sociaux (transfert des contrats de travail, information des représentants du personnel) et les impacts sur les contrats en cours doivent être anticipés. Consultez les experts référencés sur Finalib pour un accompagnement complet de votre restructuration et utilisez nos simulateurs pour estimer les impacts financiers.

Simulation chiffrée : fusion-absorption entre deux PME en 2026

Pour illustrer concrètement le traitement comptable, voici un exemple de fusion-absorption entre deux SARL sous contrôle commun.

Données de l'opération :

  • Société absorbante A : capital 100 000 €, réserves 200 000 €, titres de B détenus au bilan : 80 000 €
  • Société absorbée B : actif net comptable 120 000 €, actif net réel (valeur de marché) 150 000 €

Calcul du boni/mali de fusion

Opération sous contrôle commun → évaluation à la valeur comptable :

| Élement | Montant |

|---|---|

| Actif net comptable de B transmis | 120 000 € |

| Valeur comptable des titres B chez A | 80 000 € |

| Boni de fusion | 40 000 € |

Le boni de fusion (40 000 €) est inscrit au crédit du compte « Produits exceptionnels » chez A. Il viendra augmenter le résultat de l'exercice et sera imposé à l'IS au taux de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà.

Calcul de la prime de fusion (si augmentation de capital)

Si A émet de nouvelles parts pour rémunérer les associés de B autres qu'elle-même :

| Élement | Montant |

|---|---|

| Valeur nette apportée par B (hors part A) | Suppose 20 % non détenus = 24 000 € |

| Valeur nominale des parts émises | 5 000 € |

| Prime de fusion | 19 000 € |

Cette prime de fusion est inscrite dans les capitaux propres de A.

Checklist comptable pour réussir une restructuration

Les équipes comptables doivent préparer les éléments suivants avant la date d'effet de l'opération :

  • Bilan d'ouverture et de clôture : établir les comptes à la date de référence comptable de l'opération
  • Inventaire des actifs et passifs transmis : liste détaillée avec valeurs comptables et réelles
  • Calcul des impôts différés : identifier les décalages temporaires générateurs de DTA/DTL
  • Reprises et provisions : identifier les provisions devenues sans objet après la fusion
  • Traitement des déficits : les déficits antérieurs de l'absorbée peuvent être transférés sous conditions (agrément fiscal si > 200 K€)
  • Engagement de conservation : formaliser les engagements de conservation des actifs requis pour le régime de faveur
  • Information des tiers : publication au BODACC, notification aux créanciers, mise à jour des contrats
  • Mise à jour des registres : modification des statuts, registre de mouvements de titres, K-bis

Un expert-comptable coordonne l'ensemble de ces tâches et sécurise l'opération sur les plans comptable et fiscal.

Une question sur votre entreprise ?

Parlez gratuitement à un conseiller vérifié — réponse sous 48 h, sans engagement.

FAQ

Qu'est-ce que le régime de faveur fiscal des fusions ?

Le régime de faveur (articles 210 A et suivants du CGI) permet de reporter l'imposition des plus-values d'apport réalisées lors d'une fusion, scission ou apport partiel d'actif. La société bénéficiaire s'engage à reprendre les engagements fiscaux de la société apporteuse (amortissements, provisions, déficits sous conditions). Sans ce régime, les plus-values seraient immédiatement imposées à l'IS.

Faut-il obligatoirement un commissaire à la fusion ?

Oui, en principe. Un commissaire à la fusion est désigné par le président du tribunal de commerce lorsque l'opération implique des sociétés dont un associé peut recevoir des actions. Il vérifie que le rapport d'échange est équitable. Des dispenses existent : notamment lorsque tous les associés de toutes les sociétés participantes y renoncent expressément, ou dans le cas d'une fusion simplifiée (détention à 100 %).

Les déficits de la société absorbée sont-ils transférables ?

Oui, sous conditions. Les déficits reportables de la société absorbée peuvent être transférés à l'absorbante si un agrément fiscal est obtenu (article 209 II du CGI). Cet agrément est accordé lorsque l'opération est justifiée par un motif économique sérieux et que l'activité déficitaire est poursuivie par l'absorbante. Pour des déficits inférieurs à 200 000 €, un régime simplifié s'applique.

Quelle est la différence entre une fusion et une TUP ?

La fusion implique en général une augmentation de capital de la société absorbante pour rémunérer les actionnaires de l'absorbée. La TUP (Transmission Universelle de Patrimoine) s'applique uniquement quand la société mère détient 100 % de la filiale : aucune rémunération en titres n'est nécessaire, la procédure est plus rapide et moins coûteuse (pas de commissaire à la fusion requis dans la plupart des cas).

Articles connexes recommandés

Ce qu'il faut retenir

  • Qu'est-ce que le régime de faveur fiscal des fusions ?
  • Faut-il obligatoirement un commissaire à la fusion ?
  • Les déficits de la société absorbée sont-ils transférables ?
  • Quelle est la différence entre une fusion et une TUP ?

Questions fréquentes

Finalib

Rédaction Finalib

L'équipe de rédaction Finalib s'appuie sur des experts certifiés pour vous fournir des conseils fiables et à jour en matière financière, juridique et patrimoniale.

Une question sur votre entreprise ?

Décrivez votre situation : un conseiller vérifié vous rappelle gratuitement sous 48 h pour vous orienter. Sans engagement.

100 % gratuit Réponse sous 48 h Sans engagement

Vos données ne servent qu'à vous mettre en relation. Aucune revente, aucun spam.

Articles liés - Entreprise & Création

Explorez d'autres thèmes

Ressources et liens cités dans l'article

Simulateurs financiers gratuits liés à ce sujet

Voir tous les 60 simulateurs financiers gratuits 2026

Vous souhaitez approfondir ce sujet avec un expert ? Trouvez un expert-comptable vérifié sur Finalib et prenez rendez-vous gratuitement.

Trouver un expert patrimonial adapté à votre situation.

Voir tous les experts vérifiés disponibles sur Finalib.

Consultez nos experts-comptables dans les principales villes de France

Nos experts-comptables vérifiés exercent dans toutes les grandes villes françaises. Trouvez un expert près de chez vous et prenez rendez-vous gratuitement :