AV après 70 ans 2026 : faut-il encore verser ?

L'assurance-vie reste le placement préféré des Français, avec plus de 1 900 milliards d'euros d'encours. Mais après 70 ans, la fiscalité successorale change…

Par Équipe Finalib - Rédaction Finalib - Publié le 12 juin 2025 - Mis à jour le 13 juillet 2026

Temps de lecture estimé : 11 minutes

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Questions fréquentes

Quelle est la fiscalité successorale des versements d'assurance-vie après 70 ans ?
Les versements après 70 ans relèvent de l'article 757 B du CGI : abattement global de 30 500 € (tous contrats et bénéficiaires confondus) sur les primes versées. Les gains (intérêts, plus-values) sont totalement exonérés de droits de succession. Au-delà de 30 500 €, les primes sont soumises au barème classique des droits de succession selon le lien de parenté.
Est-il intéressant de verser sur une assurance-vie après 70 ans ?
Oui, dans plusieurs situations : versements inférieurs à 30 500 € (totalement couverts par l'abattement), transmission au conjoint (exonéré), horizon long avec des supports performants (les gains, exonérés, peuvent dépasser les primes). La stratégie consiste à ouvrir un contrat dédié post-70 ans et à optimiser la clause bénéficiaire.
Quelle est la différence entre l'article 990 I et l'article 757 B de l'assurance-vie ?
L'article 990 I s'applique aux versements effectués AVANT 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, gains et capital taxés ensemble. L'article 757 B s'applique aux versements effectués APRÈS 70 ans : abattement de 30 500 € global, mais gains totalement exonérés. Le 990 I est généralement plus avantageux pour les gros capitaux avec plusieurs bénéficiaires.
Faut-il ouvrir un nouveau contrat d'assurance-vie après 70 ans ?
Oui, il est fortement recommandé d'ouvrir un contrat dédié pour les versements post-70 ans. Cela sépare clairement les régimes fiscaux 990 I et 757 B, simplifie le traitement successoral, et permet une rédaction de clause bénéficiaire adaptée à chaque régime. Verser sur un contrat existant mélange les deux régimes et complexifie le calcul des droits au décès.
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Patrimoine & Épargne
6 min12 juin 2025

AV après 70 ans 2026 : faut-il encore verser ?

Finalib

Équipe Finalib

Rédaction Finalib

AV après 70 ans 2026 : faut-il encore verser ?

Contenu à visée informative, à jour à sa date de publication ; il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en investissement personnalisé. Consultez un expert vérifié pour votre situation.

Ce qu'il faut retenir

  • Quelle est la fiscalité successorale des versements d'assurance-vie après 70 ans ?
  • Est-il intéressant de verser sur une assurance-vie après 70 ans ?
  • Quelle est la différence entre l'article 990 I et l'article 757 B de l'assurance-vie ?
  • Faut-il ouvrir un nouveau contrat d'assurance-vie après 70 ans ?

Assurance-vie après 70 ans en 2026 : faut-il encore verser ?

L'assurance-vie reste le placement préféré des Français, avec plus de 1 900 milliards d'euros d'encours. Mais après 70 ans, la fiscalité successorale change radicalement : l'abattement tombe de 152 500 € par bénéficiaire à seulement 30 500 € global pour l'ensemble des versements post-70 ans. Cette différence de traitement conduit beaucoup d'épargnants à se demander s'il est encore pertinent de verser après cet âge.

La réponse est nuancée : non, les versements après 70 ans ne sont pas "perdus" ni fiscalement désastreux. Dans certaines configurations, ils restent très intéressants. Ce guide explique précisément le régime applicable, les situations où verser reste avantageux et les stratégies d'optimisation à connaître.

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Le régime fiscal des versements après 70 ans : article 757 B du CGI

Les versements effectués sur un contrat d'assurance-vie après le 70e anniversaire de l'assuré relèvent de l'article 757 B du Code général des impôts. Le régime diffère fondamentalement de celui applicable aux versements effectués avant 70 ans (article 990 I du CGI).

Comparaison des deux régimes

| Critère | Versements AVANT 70 ans (art. 990 I) | Versements APRÈS 70 ans (art. 757 B) |

|---|---|---|

| Abattement | 152 500 € par bénéficiaire | 30 500 € global (tous bénéficiaires + tous contrats) |

| Base taxable | Capital + intérêts + plus-values | Primes versées uniquement |

| Barème d'imposition | Forfaitaire : 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % | Barème classique des droits de succession |

| Intérêts et plus-values | Soumis à la taxation | Totalement exonérés |

| Conjoint/partenaire PACS | Exonéré | Exonéré |

Le point clé souvent méconnu : l'exonération des gains

C'est l'élément fondamental qui rend les versements post-70 ans bien moins défavorables qu'il n'y paraît. Les intérêts, plus-values et participations aux bénéfices générés sur les versements post-70 ans sont intégralement exonérés de droits de succession, quelle que soit leur montant.

Exemple concret : vous versez 80 000 € après votre 70e anniversaire. Sur 12 ans à 4 %/an de rendement moyen, le capital devient ~128 000 € (+48 000 € de gains).

  • Primes versées imposables (après abattement) : 80 000 € - 30 500 € = 49 500 €
  • Gains exonérés : 48 000 € (0 € de droits sur ces gains)
  • Base taxable totale : 49 500 € → droits selon barème successoral selon le lien de parenté

En ligne directe (enfant), l'abattement personnel de 100 000 € s'applique en plus. Résultat : dans cet exemple, les droits de succession pourraient être nuls si l'abattement personnel n'est pas encore épuisé.

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L'abattement de 30 500 € : mécanisme précis

L'abattement de 30 500 € est :

  • Global : il s'applique à l'ensemble des primes versées après 70 ans sur tous les contrats détenus par le défunt
  • Commun à tous les bénéficiaires : si vous avez 3 bénéficiaires, ils se partagent cet abattement (contrairement au 152 500 € × 3 pour les versements avant 70 ans)
  • Indépendant des abattements personnels de droit commun (100 000 €/enfant) qui s'appliquent en sus

Illustration : comparaison des transmissions

Famille avec 2 enfants, capital AV = 200 000 €, dont 80 000 € versés après 70 ans

Versements avant 70 ans (120 000 € + intérêts hypothétiques = 150 000 €) :

  • Abattement : 152 500 € × 2 enfants = 305 000 €
  • Base taxable : 0 € (couvert par les abattements)
  • Droits à payer : 0 €

Versements après 70 ans (80 000 € de primes, 50 000 € de gains) :

  • Primes : 80 000 € - abattement 30 500 € = 49 500 € à partager entre 2 enfants = 24 750 €/enfant
  • Gains : 0 € (exonérés)
  • Abattement personnel restant (100 000 € - succession ordinaire) : peut absorber cette somme
  • Droits à payer : potentiellement 0 € si abattements personnels non épuisés

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Situations où verser après 70 ans reste très avantageux

1. Versements modestes (< 30 500 €)

Si le total des primes post-70 ans reste inférieur à 30 500 €, l'intégralité est couverte par l'abattement. Les gains sont exonérés. C'est une transmission totalement nette d'impôt. C'est la situation optimale.

2. Transmission au conjoint ou partenaire de PACS

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession en France depuis 2007. L'article 757 B ne change donc rien dans ce cas. Verser après 70 ans avec le conjoint comme bénéficiaire est sans inconvénient fiscal spécifique.

3. Horizon long avec supports performants

Si vous versez 100 000 € à 71 ans sur un contrat avec des UC performantes et que la performance sur 15 ans génère 150 000 € de gains, ces 150 000 € de gains sont totalement exonérés de droits de succession. Seules les primes (100 000 € - 30 500 € d'abattement = 69 500 €) sont soumises au barème successoral. Cette stratégie est particulièrement intéressante pour les profils encore prêts à prendre du risque à 70-75 ans.

4. Bénéficiaires exonérés ou peu taxés

Si vos bénéficiaires sont des associations d'utilité publique (exonérées à 100 %) ou des proches dont le lien de parenté leur offre de larges abattements personnels non épuisés, le coût fiscal post-70 ans reste très faible.

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Situations où verser après 70 ans est moins pertinent

Versements massifs pour des bénéficiaires non proches : si vous versez 500 000 € après 70 ans avec des neveux ou des tiers comme bénéficiaires, les droits appliqués au barème successoral seront élevés (55 % pour les neveux, 60 % pour les tiers non parents).

Quand le capital pourrait être mieux transmis autrement : donation directe avec abattement (100 000 €/enfant renouvelable tous les 15 ans), donation-partage, démembrement de propriété — ces outils peuvent être plus efficaces selon la situation.

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Stratégies d'optimisation pour les versements post-70 ans

Ouvrir un contrat dédié

Il est fortement recommandé d'ouvrir un contrat spécifique pour les versements post-70 ans. Cela permet de séparer clairement les deux régimes fiscaux (990 I et 757 B) et de faciliter le traitement successoral. Le notaire et l'assureur identifient immédiatement les sommes relevant de chaque régime.

Rédiger soigneusement la clause bénéficiaire

Avec un abattement de 30 500 € partagé, il peut être judicieux de concentrer le bénéfice sur un seul bénéficiaire pour les contrats post-70 ans, plutôt que de le diluer entre plusieurs. Le bénéficiaire unique bénéficie de l'intégralité de l'abattement.

Alternativement, désigner le conjoint en premier bénéficiaire pour les contrats post-70 ans (exonéré de toute taxe) est souvent la stratégie la plus efficace.

Privilégier les supports générateurs de gains

Puisque les gains sont exonérés de droits de succession, optimiser le rendement des versements post-70 ans crée de la valeur sans coût fiscal successoral. Un fonds euros à 3-4 %/an génère des gains entièrement transmissibles hors droits. Une allocation mixte fonds euros + UC modérées peut amplifier cet avantage.

Combiner avec la donation de son vivant

Les abattements personnels de droit commun (100 000 €/enfant, renouvelables tous les 15 ans) se cumulent avec l'abattement de l'article 757 B. Une stratégie mixte — donation directe + versements AV post-70 ans — peut maximiser la transmission nette selon les actifs concernés.

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Comparatif : assurance-vie post-70 ans vs autres solutions de transmission

| Outil | Avantage fiscal | Plafond | Liquidité | Complexité |

|---|---|---|---|---|

| AV versements avant 70 ans | 152 500 €/bénéficiaire hors succession | Illimité | Bonne | Faible |

| AV versements après 70 ans | 30 500 € global + gains exonérés | Illimité | Bonne | Faible |

| Donation classique | 100 000 €/enfant tous 15 ans | Par tranche | Immédiate | Moyenne |

| Démembrement de propriété | Économie sur valeur usufruit | Illimité | Faible | Élevée |

| PER (transmission) | Exonération conjoint seulement | Limité par revenus | Bloqué | Moyenne |

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Questions fréquentes

Les gains générés après 70 ans sont-ils vraiment exonérés de droits de succession ?

Oui, c'est la règle de l'article 757 B du CGI : seules les primes versées (le capital investi, pas les intérêts) sont soumises aux droits de succession après l'abattement de 30 500 €. Les gains sont intégralement exonérés. C'est l'un des rares cas où les gains d'un placement financier échappent totalement aux droits de succession.

Faut-il ouvrir un nouveau contrat ou verser sur le contrat existant ?

Il est recommandé d'ouvrir un contrat dédié aux versements post-70 ans. La séparation des régimes fiscaux (990 I et 757 B) simplifie le traitement successoral, évite les erreurs et permet une rédaction de clause bénéficiaire adaptée à chaque régime.

Peut-on encore déduire les versements sur un PER après 70 ans ?

Oui, le PER permet de déduire les versements volontaires du revenu imposable, y compris après 70 ans. Mais la sortie en capital du PER au décès est soumise aux droits de succession (hors conjoint/partenaire exonéré). Il convient de comparer l'avantage fiscal à l'entrée (déduction IR) avec le coût successoral à la sortie selon votre tranche marginale d'imposition.

Peut-on faire un rachat partiel avant le décès pour réduire les droits ?

Oui. Réaliser des rachats partiels de son vivant permet de transformer des plus-values latentes en capital net d'impôt (flat tax 30 % ou abattement AV après 8 ans), réduisant ainsi l'assiette successorale. Cette stratégie de "purge de la plus-value" est pertinente quand les gains sont importants.

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Conclusion

Verser sur une assurance-vie après 70 ans est moins avantageux qu'avant, mais pas inutile. Dans de nombreuses configurations — versements modestes, bénéficiaires avantagés par leur lien de parenté, horizon long avec des supports performants — la stratégie reste très pertinente grâce à l'exonération des gains.

La clé est d'ouvrir un contrat dédié, de rédiger soigneusement la clause bénéficiaire et d'intégrer ces versements dans une stratégie de transmission globale.

Consultez un expert vérifié sur Finalib.fr pour analyser votre situation patrimoniale et optimiser votre stratégie de transmission selon votre âge, votre patrimoine et la composition de votre famille.

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Ce qu'il faut retenir

  • Quelle est la fiscalité successorale des versements d'assurance-vie après 70 ans ?
  • Est-il intéressant de verser sur une assurance-vie après 70 ans ?
  • Quelle est la différence entre l'article 990 I et l'article 757 B de l'assurance-vie ?
  • Faut-il ouvrir un nouveau contrat d'assurance-vie après 70 ans ?

Questions fréquentes

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