Contenu à visée informative, à jour à sa date de publication ; il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en investissement personnalisé. Consultez un expert vérifié pour votre situation.
Ce qu'il faut retenir
- À quel âge peut-on demander la retraite progressive ?
- L'employeur peut-il refuser la retraite progressive ?
- La retraite progressive réduit-elle la pension définitive ?
- Peut-on cumuler retraite progressive et épargne salariale (PEE, PERECO) ?
Retraite progressive : travailler moins, toucher déjà sa pension
La retraite progressive est un dispositif qui permet aux salariés et indépendants de réduire leur activité professionnelle en fin de carrière tout en percevant une fraction de leur pension de retraite. Réformé par la loi du 14 avril 2023, ce mécanisme reste pourtant méconnu.
Principe de la retraite progressive
Le dispositif permet de :
- Passer à temps partiel tout en continuant à cotiser
- Percevoir une fraction de sa pension de retraite (base + complémentaire)
- Continuer à acquérir des droits pour la retraite définitive
La fraction de pension versée est calculée en fonction de la réduction du temps de travail. Par exemple, si vous passez à 60 % d'un temps plein, vous percevez 40 % de votre pension.
Conditions d'accès depuis la réforme 2023
Pour les salariés
- Avoir atteint l'âge légal de départ moins 2 ans (soit 62 ans pour les générations nées à partir de 1968)
- Justifier d'au moins 150 trimestres de cotisation tous régimes confondus
- Exercer une activité à temps partiel entre 40 % et 80 % d'un temps complet
- Obtenir l'accord de l'employeur pour le passage à temps partiel
Pour les indépendants
- Mêmes conditions d'âge et de trimestres
- Justifier d'une baisse de revenus d'au moins 20 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années
À retenir
ℹ️ Nouveauté 2023 : La réforme a élargi le dispositif aux fonctionnaires et a assoupli les conditions pour les indépendants.
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Le calcul de la pension partielle
La fraction de pension versée est proportionnelle à la réduction d'activité :
| Quotité de travail | Fraction de pension |
|---|---|
| 80 % | 20 % |
| 60 % | 40 % |
| 50 % | 50 % |
| 40 % | 60 % |
Exemple concret
Marie, 62 ans, salariée avec 155 trimestres et une pension théorique de 1 800 € brut. Elle passe à 60 % :
- Salaire à temps partiel : 60 % de 3 000 € = 1 800 €
- Pension partielle : 40 % de 1 800 € = 720 €
- Revenu total : 2 520 € brut
Les avantages du dispositif
Continuer à cotiser
Pendant la retraite progressive, vous continuez à cotiser pour votre retraite définitive. Vos droits continuent donc de croître. Mieux encore, vous pouvez demander à cotiser sur la base d'un temps plein (avec l'accord de l'employeur) pour ne pas pénaliser votre future pension.
Surcote possible
Si vous avez déjà tous vos trimestres, les trimestres supplémentaires cotisés pendant la retraite progressive génèrent une surcote de 1,25 % par trimestre.
Transition en douceur
Le passage progressif de l'activité à la retraite permet une adaptation psychologique et financière, souvent mieux vécue qu'un arrêt brutal.
Les démarches
- Négocier le temps partiel avec votre employeur (un avenant au contrat de travail est nécessaire)
- Déposer la demande auprès de votre caisse de retraite (base et complémentaire)
- Fournir les justificatifs : contrat de travail à temps partiel, bulletins de paie, relevé de carrière
- Attendre la notification : le délai moyen est de 4 à 6 mois
La liquidation définitive
Lorsque vous cessez totalement votre activité, votre pension est recalculée en tenant compte de l'ensemble des droits acquis, y compris ceux cotisés pendant la retraite progressive. La pension définitive est donc généralement supérieure à la pension initialement calculée.
Simulation chiffrée : trois profils en retraite progressive
Profil 1 : Employé, 62 ans, salaire 2 400 €, pension théorique 1 400 €
Passage à 60 % du temps plein :
- Salaire réduit : 1 440 €
- Pension progressive (40 %) : 560 €
- Revenu total mensuel : 2 000 € (soit 83 % du salaire à plein temps)
- Trimestres supplémentaires acquis pendant 2 ans de retraite progressive : 8 trimestres
- Gain en surcote si déjà au taux plein : +10 % → pension définitive 1 540 € au lieu de 1 400 €
Profil 2 : Cadre, 62 ans, salaire 5 000 €, pension théorique 2 800 €
Passage à 50 % du temps plein :
- Salaire réduit : 2 500 €
- Pension progressive (50 %) : 1 400 €
- Revenu total mensuel : 3 900 € (soit 78 % du salaire à plein temps)
- Sur 3 ans de retraite progressive : 12 trimestres de surcote
- Pension définitive avec surcote 15 % : 3 220 €/mois
Profil 3 : TNS, 63 ans, revenus 60 000 €/an, pension théorique 1 800 €
Réduction d'activité à 50 % (revenus réduits à 30 000 €) :
- Pension progressive (50 %) : 900 €
- Revenus professionnels : 2 500 €/mois
- Revenu total : 3 400 €/mois
Attention
⚠️ Pour les TNS, la "réduction d'activité" est plus difficile à définir et à justifier qu'un temps partiel salarié. Un accompagnement par un conseiller en protection sociale est fortement recommandé.
Comparatif retraite progressive vs cumul emploi-retraite vs surcote simple
| Dispositif | Conditions | Revenu mensuel | Droits futurs |
|---|---|---|---|
| Retraite progressive | 62 ans + 150 trimestres + accord employeur | Salaire partiel + fraction pension | Oui, pension recalculée à la liquidation |
| Cumul emploi-retraite | Retraite liquidée à taux plein | Retraite complète + salaire | Non (sauf nouveau dispositif 2023) |
| Surcote simple | Âge légal + taux plein atteint | Salaire à temps plein | Oui, +1,25 % par trimestre |
Conseil
💡 La retraite progressive est souvent plus avantageuse que le cumul emploi-retraite car elle permet de continuer à acquérir des droits. Le cumul emploi-retraite est préférable si vous souhaitez travailler à temps plein tout en touchant votre pension.
Impact de la réforme des retraites 2023 sur la retraite progressive
La réforme du 14 avril 2023 a significativement amélioré la retraite progressive :
- Extension aux fonctionnaires : désormais accessibles à la quasi-totalité des actifs
- Abaissement du seuil d'accès : les conditions ont été assouplies pour les indépendants
- Obligation de motiver le refus : l'employeur ne peut plus refuser sans justification
- Maintien des droits AGIRC-ARRCO pendant la période progressive
À retenir
ℹ️ Avec le relèvement de l'âge légal à 64 ans, la retraite progressive peut démarrer à 62 ans (soit 2 ans avant l'âge légal), ce qui représente une fenêtre d'aménagement de carrière de 2 ans minimum.
Prévoyance pendant la retraite progressive : quels risques ?
Pendant la retraite progressive, vous restez salarié à temps partiel. Vos droits à la prévoyance collective (arrêt de travail, invalidité, décès) doivent être vérifiés :
- Arrêt de travail : les indemnités journalières de la Sécurité sociale sont calculées sur la base du salaire à temps partiel. Si votre contrat de prévoyance collective maintient le salaire, vérifiez qu'il s'applique aussi au temps partiel.
- Invalidité : une invalidité survenant pendant la retraite progressive peut transformer la pension d'invalidité en retraite définitive anticipée.
- Décès : vérifiez que le capital décès prévu par votre contrat collectif est toujours actif.
Un conseiller en protection sociale peut auditer vos garanties pendant cette période de transition.
Cas pratiques selon l'âge
À 40 ans : anticiper la possibilité
À 40 ans, la retraite progressive semble loin. Pourtant, certains choix aujourd'hui facilitent l'accès à 62 ans :
- Éviter les périodes non cotisées qui retarderaient l'atteinte des 150 trimestres
- Valider chaque trimestre manquant (rachat possible)
- Négocier une convention collective favorable au temps partiel de fin de carrière
À 55 ans : planifier concrètement
- Simuler ses droits à la retraite progressive sur info-retraite.fr
- Estimer le revenu total pendant la période progressive
- Vérifier que l'employeur est favorable : entamer la discussion en amont
- Comparer avec un départ à taux plein suivi d'un cumul emploi-retraite
À 62 ans : mettre en place le dispositif
- Formaliser la demande de passage à temps partiel avec l'employeur
- Déposer la demande de retraite progressive auprès de toutes les caisses concernées
- Anticiper la date de liquidation définitive et simuler la pension finale recalculée
Nos recommandations
- Anticipez votre demande au moins 6 mois à l'avance
- Consultez un conseiller en protection sociale sur Finalib pour optimiser votre transition
- Consultez un CGP pour intégrer la retraite progressive dans votre stratégie patrimoniale globale
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Ce qu'il faut retenir
- À quel âge peut-on demander la retraite progressive ?
- L'employeur peut-il refuser la retraite progressive ?
- La retraite progressive réduit-elle la pension définitive ?
- Peut-on cumuler retraite progressive et épargne salariale (PEE, PERECO) ?
Questions fréquentes
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