Ce qu'il faut retenir
- Que faut-il savoir sur : L'exonération totale de droits de succession ?
- Que faut-il savoir sur : Ce que reçoit le conjoint marié sans testament ?
- Que faut-il savoir sur : Le partenaire de PACS : le grand oublié ?
- Que faut-il savoir sur : La donation au dernier vivant ?
L'exonération totale de droits de succession
Depuis 2007, le conjoint survivant (marié ou pacsé) est totalement exonéré de droits de succession, quel que soit le montant de l'héritage. C'est un avantage fiscal majeur et définitif.
Ce que reçoit le conjoint marié sans testament
Avec enfants communs : le conjoint choisit entre la totalité en usufruit OU 1/4 en pleine propriété. Avec des enfants d'un autre lit : le conjoint reçoit uniquement 1/4 en pleine propriété (pas d'option usufruit). Sans enfant : le conjoint reçoit 1/2 en pleine propriété (l'autre 1/2 va aux parents du défunt).
Le partenaire de PACS : le grand oublié
Le partenaire de PACS est exonéré de droits de succession mais n'est PAS héritier légal. Sans testament, il ne reçoit RIEN. C'est la différence fondamentale avec le mariage. Un testament est absolument indispensable pour protéger son partenaire de PACS.
La donation au dernier vivant
Elle élargit les droits du conjoint : il peut choisir entre la totalité en usufruit, le quart en pleine propriété + 3/4 en usufruit, ou la quotité disponible en pleine propriété. Coût : ~200 € chez le notaire. Révocable à tout moment.
Le droit au logement du conjoint survivant
Le conjoint survivant a un droit de jouissance gratuite du logement familial pendant 1 an après le décès (automatique). Il a aussi un droit viager d'habitation (à demander dans l'année suivant le décès) s'il occupait le logement comme résidence principale.
L'usufruit du conjoint : avantages et limites
Avantage : le conjoint peut occuper le logement et percevoir les revenus (loyers) sa vie durant. Limite : les enfants nus-propriétaires doivent attendre le décès du conjoint pour récupérer la pleine propriété. Cela peut créer des tensions, surtout en famille recomposée.
Les familles recomposées : un cas particulier
En famille recomposée, la protection du conjoint survivant est souvent insuffisante par défaut. Avec des enfants d'un autre lit, le conjoint ne reçoit que 1/4 en pleine propriété (pas d'option usufruit). C'est le cas le plus problématique.
Solutions pour renforcer la protection :
- Donation au dernier vivant : indispensable. Elle restaure l'option usufruit même en présence d'enfants d'un autre lit.
- Testament : permet de léguer la quotité disponible au conjoint (en pleine propriété ou usufruit).
- Changement de régime matrimonial : passer en communauté universelle avec clause d'attribution intégrale. Attention : les enfants du premier lit peuvent exercer l'action en retranchement pour protéger leur réserve.
- Assurance-vie : le capital transmis via l'AV échappe aux règles successorales classiques (clause bénéficiaire au profit du conjoint). Abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans.
Évaluation de l'usufruit : le barème fiscal
La valeur de l'usufruit dépend de l'âge de l'usufruitier au jour du décès :
- Moins de 31 ans : usufruit = 90 % de la pleine propriété
- De 41 à 50 ans : usufruit = 60 %
- De 51 à 60 ans : usufruit = 50 %
- De 61 à 70 ans : usufruit = 40 %
- De 71 à 80 ans : usufruit = 30 %
- De 81 à 90 ans : usufruit = 20 %
Ce barème sert à calculer les droits de succession des enfants nus-propriétaires. Plus le conjoint survivant est jeune, plus l'usufruit a de valeur et moins les enfants paient de droits immédiatement.
Les démarches pratiques après le décès
Dans les 24 heures : déclaration de décès à la mairie. Dans les 6 mois : déclaration de succession au centre des impôts (formulaire 2705). Dans l'année : demande de droit viager d'habitation (si souhaité).
Le notaire est obligatoire si la succession comprend un bien immobilier. Il est fortement recommandé dans tous les cas pour sécuriser les droits du conjoint. Coût moyen : 1 500 à 4 000 € selon la complexité de la succession.
Questions fréquentes
Le conjoint survivant peut-il être déshérité ?
Non, le conjoint marié a une réserve héréditaire depuis la loi de 2006 (1/4 en pleine propriété en l'absence d'enfant). Avec des enfants, il n'a pas de réserve mais a droit à l'usufruit ou au quart.
Le concubin hérite-t-il ?
Non, le concubin (non marié, non pacsé) n'a aucun droit successoral. Et les legs par testament sont taxés à 60 %.
Le conjoint survivant doit-il quitter le logement familial ?
Non. Le conjoint a un droit de jouissance gratuite automatique pendant 1 an. Au-delà, il peut demander un droit viager d'habitation (dans l'année suivant le décès). Ce droit s'impute sur sa part successorale.
Comment protéger son partenaire de PACS ?
Rédigez un testament lui léguant la quotité disponible. Souscrivez une assurance-vie avec clause bénéficiaire à son nom. Envisagez le mariage si la protection successorale est une priorité : seul le mariage confère des droits successoraux automatiques.
Ce qu'il faut retenir
- Que faut-il savoir sur : L'exonération totale de droits de succession ?
- Que faut-il savoir sur : Ce que reçoit le conjoint marié sans testament ?
- Que faut-il savoir sur : Le partenaire de PACS : le grand oublié ?
- Que faut-il savoir sur : La donation au dernier vivant ?
Questions fréquentes
Claire Fontaine
Notaire, spécialiste droit patrimonial et successions
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