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CDHR 2026 : la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus devient pérenne
La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) est l'une des mesures fiscales les plus significatives des dernières années pour les contribuables aisés. Instaurée par la loi de finances pour 2025 comme disposition initiale, elle a été pérennisée par la loi de finances pour 2026, conditionnant sa suppression au retour du déficit budgétaire français sous le seuil de 3 % du PIB — objectif qui, selon les projections actuelles, ne saurait être atteint avant 2028 ou 2029. Pour les foyers concernés, cette mesure représente un changement structurel majeur qui nécessite de repenser en profondeur la stratégie fiscale.
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Qu'est-ce que la CDHR ?
Principe de la contribution différentielle
La CDHR est un mécanisme de taux minimum d'imposition : elle garantit que chaque contribuable dont les revenus dépassent certains seuils paie au minimum 20 % de son revenu fiscal de référence (RFR) en impôt effectif.
Elle ne s'ajoute pas systématiquement à l'impôt : elle fonctionne comme un complément différentiel. Si votre taux effectif d'imposition est déjà supérieur ou égal à 20 %, vous ne payez rien de plus. Si votre taux effectif est inférieur à 20 % (en raison de revenus taxés au PFU, d'abattements importants, de niches fiscales), la CDHR vient combler l'écart jusqu'au plancher de 20 %.
Seuils d'assujettissement
| Situation familiale | Seuil de RFR |
|---|---|
| Personne seule (célibataire, divorcé, veuf) | 250 000 € |
| Couple soumis à imposition commune (mariage, PACS) | 500 000 € |
Ces seuils ne sont pas soumis à la règle des demi-parts du quotient familial — ils s'appliquent à la composition du foyer fiscal (deux adultes).
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Mécanisme de calcul de la CDHR
Formule de calcul
La CDHR est calculée comme suit :
CDHR = max(0 ; Impôt minimum théorique − Impôt effectivement payé)
Avec :
- Impôt minimum théorique = 20 % × RFR ajusté
- Impôt effectivement payé = IR + PFU + PS sur revenus du capital + contribution sur les hauts revenus existante
Le RFR ajusté : quels revenus sont inclus ?
Le RFR pris en compte pour la CDHR inclut :
- Revenus soumis au barème progressif : salaires, revenus fonciers, BIC, BNC, traitements de dirigeants
- Revenus soumis au PFU : dividendes, intérêts, plus-values mobilières
- Plus-values immobilières de l'année
- Revenus en report ou sursis d'imposition (sous certaines conditions)
- Certains revenus exonérés qui entrent malgré tout dans le RFR (épargne salariale sous conditions, etc.)
Ce qui n'entre pas dans le RFR CDHR :
- Les revenus étrangers de non-résidents (la CDHR ne touche pas les non-résidents)
- Les plus-values long terme des entreprises (IS)
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Exemple chiffré : cas d'application
Profil type assujetti à la CDHR
Contribuable : célibataire, entrepreneur ayant vendu sa société
| Revenu | Montant | Impôt payé |
|---|---|---|
| Plus-values mobilières (PFU) | 600 000 € | 180 000 € (30 %) |
| Revenus fonciers | 120 000 € | 72 000 € (IR 41 % + PS 17,2 %) |
| Revenus salariaux | 80 000 € | 32 000 € (barème) |
| Total RFR | 800 000 € | 284 000 € |
Calcul CDHR :
- Impôt minimum = 20 % × 800 000 € = 160 000 €
- Impôt effectif total = 284 000 €
- CDHR = max(0 ; 160 000 − 284 000) = 0 €
→ Pas de CDHR dans ce cas car le taux effectif (35,5 %) dépasse 20 %.
Profil type avec CDHR à payer
Contribuable : chef d'entreprise distribuant majoritairement des dividendes, peu de salaire
| Revenu | Montant | Impôt payé |
|---|---|---|
| Dividendes (PFU 30 %) | 700 000 € | 210 000 € |
| Revenus fonciers (déficit important) | 50 000 € revenus bruts − 50 000 € déficit | 0 € |
| Total RFR | 750 000 € | 210 000 € |
Calcul CDHR :
- Impôt minimum = 20 % × 750 000 € = 150 000 €
- Impôt effectif = 210 000 €
- CDHR = max(0 ; 150 000 − 210 000) = 0 €
→ Encore pas de CDHR car 210 000 / 750 000 = 28 % > 20 %.
Où la CDHR s'applique vraiment :
Contribuable : investisseur avec revenus quasi-exclusivement en plus-values en report d'imposition ou dividendes après abattements importants
| Revenu | Montant | Impôt payé |
|---|---|---|
| Dividendes avec abattement 40 % (barème) | 800 000 € brut → 480 000 € imposable | 160 000 € (TMI 41 %) |
| Plus-values avec abattements | 400 000 € avec 65 % abattement → 140 000 € | 57 400 € |
| Total RFR | 1 200 000 € | 217 400 € |
Calcul CDHR :
- Impôt minimum = 20 % × 1 200 000 € = 240 000 €
- Impôt effectif = 217 400 €
- CDHR = 240 000 − 217 400 = 22 600 €
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Quels dispositifs restent efficaces malgré la CDHR ?
La pérennisation de la CDHR réduit l'efficacité de certaines niches fiscales pour les très hauts revenus, puisque les réductions d'impôt sont prises en compte dans le taux effectif, mais le plancher de 20 % demeure. Voici les dispositifs qui permettent de réduire la CDHR :
1. Le PER et l'épargne retraite : réduction du RFR en amont
Les versements sur un PER réduisent directement le revenu imposable (et donc le RFR), ce qui réduit la base de calcul de la CDHR. C'est l'un des rares dispositifs efficaces pour réduire le RFR en amont.
2. Le déficit foncier : réduction du RFR
Le déficit foncier imputable sur le revenu global (jusqu'à 10 700 €/an) réduit le RFR et donc la base de calcul de la CDHR.
3. La donation temporaire d'usufruit
En donnant temporairement l'usufruit d'un bien à un organisme d'intérêt général, les revenus correspondants quittent le RFR du donateur pendant toute la durée de la donation (généralement 3 à 5 ans). Cette stratégie réduit structurellement le RFR.
4. L'étalement des plus-values dans le temps
Étaler les cessions sur plusieurs années permet de maintenir le RFR sous le seuil de la CDHR (250 000 €/500 000 €) ou de limiter l'écart entre le taux effectif et le plancher de 20 %.
5. L'apport-cession (article 150-0 B ter) : toujours pertinent mais encadré
L'apport des titres à une holding avant cession permet de reporter l'imposition de la plus-value et donc de ne pas l'inclure dans le RFR de l'année. Mais attention : les règles ont été durcies en 2026, avec un délai de réinvestissement porté de 2 à 3 ans et un taux minimum de réinvestissement économique relevé à 70 % (contre 60 % précédemment).
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Dispositifs rendus moins efficaces par la CDHR
La flat tax (PFU)
La flat tax à 30 % sur les dividendes et plus-values générait parfois des taux effectifs inférieurs à 20 % pour des contribuables ayant par ailleurs peu d'autres revenus (rentiers purs). La CDHR neutralise cet avantage en garantissant un minimum de 20 % sur l'ensemble du RFR.
Les abattements pour durée de détention
L'abattement de 65 % sur une plus-value (titres > 8 ans, acquis avant 2018) pouvait ramener le taux effectif d'IR bien en dessous de 20 %. Avec la CDHR, cet effet est capé à un taux effectif de 20 % sur le montant brut de la plus-value.
Les niches fiscales des "plafonds hauts"
Les réductions d'impôt Malraux, Monuments Historiques ou mécénat permettaient de réduire l'impôt en dessous de 20 % de taux effectif. La CDHR limite cet effet — bien que ces dispositifs restent pertinents pour réduire l'impôt avant le plancher CDHR.
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Interaction de la CDHR avec le plafonnement global
La CDHR est indépendante du plafonnement global des niches fiscales (10 000 €). Les deux mécanismes s'appliquent en parallèle. Dans les faits, un contribuable à très haut revenu peut simultanément :
- Être limité à 10 000 € de niches fiscales au titre du plafonnement
- Être soumis à la CDHR pour garantir un taux effectif de 20 %
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Déclaration et paiement de la CDHR
La CDHR est calculée automatiquement par l'administration fiscale lors du traitement de la déclaration de revenus. Elle apparaît sur l'avis d'imposition comme une ligne séparée. Elle est payée en même temps que l'IR, aux mêmes dates et selon les mêmes modalités (prélèvement mensuel ou paiement en ligne avant la date limite de l'avis).
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Ce qu'il faut retenir en 2026
- CDHR pérennisée jusqu'au retour du déficit sous 3 % du PIB (minimum 2028-2029)
- Taux minimum de 20 % du RFR pour les foyers > 250 000 € (célibataire) ou > 500 000 € (couple)
- Dispositifs encore efficaces : PER (réduit le RFR), déficit foncier, donation d'usufruit, étalement des plus-values
- Apport-cession durci : 3 ans de délai, 70 % de réinvestissement économique
- Impact principal : sur les contribuables avec revenus quasi-exclusivement en capital (dividendes, plus-values avec abattements)
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Sources et références officielles
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